Le moulin seigneurial appartenait aux seigneurs de Saint-Georges-de-la-Couée. Il était composé du moulin proprement dit, d’une petite maison d’habitation, d’une grange et d’une étable. Le canal d’alimentation en eau, que l’on appelait le bian, était alimenté en amont par les eaux de l’Etangsort. C’était un moulin banal où le seigneur exerçait un droit de moultaux, c’est à dire que ses sujets étaient obligés d’y faire moudre le grain et devaient en laisser une part au meunier et au seigneur.

Autour du moulin, le seigneur de St-Georges possédait les terres qui sont entre le bian et la rivière. Son colombier était localisé dans un pré à coté du moulin.

Au début du XXe siècle, une turbine vint remplacer l’antique roue à aube et le moulin fut rehaussé en 1911. Il cessa son activité à la fin des années 1970.

Voici comment le moulin est décrit dans l’aveu de Thomas de Clermond en 1581 :

Item. Mon moulin à blé dudit lieu sis en ma dite ville ainsi qu’il se poursuit et comporte en maison, grange, étable, jardin et issues avec les bians et cours de l’eau d’icelui moulin, et le droit des moultaux[1] sujets et contraignables à icelui fournir mouldre leur blé. Contenant la maison dudit moulin et jardin et issues, douze boisselées[2] de terre ou environ joignant d’un côté et d’un bout au jardin et étables de Mathurin Courtois, auparavant appartenant à fils Jean Gigon, d’autre côté, le jardin de Jacques Guignard, lequel anciennement appartenait à Jean Guybert l’ainé, et d’autres bout au bian et cours de l’eau de mon dit moulin. Item une pièce de pré exploitée avec mon dit moulin et accoutumé être baillée au dit Jocelyn Natier. Un arpent de mes quartier de terre où environ sont sur ma rivière dudit Saint Georges, au-dessous dudit moulin joignant d’un côté ma noue[3] de la Boierie d’autre coté au ruisseau de la fontaine de la Lutiniée ? au bout le pré du Boullay Grimaud autrement dit le pré du Petit Beschi, d’autre bout le grand chemin qui tient de ma dite ville à Saint-Fraimbault.

[1] Droit ancien. Ce que l’on donne pour moudre son blé ; c’est le droit de moulin banal.

[2] Unité de surface agraire. Pour le Grand Lucé, la boisselée valait 13,33 ares.

[3] Pré humide pour faire paître les bêtes.