Au fil des mois, le chapitre histoire du site des « Compagnons de St-Georges » s’enrichit d’extraits tirés de deux aveux originaux sur parchemin :

  • – 23 août 1581 : aveu de Thomas de Clermont, seigneur de St-Georges, à Jeanne de Coesmes, baronne de Lucé, veuve du comte Ludovic de Montafié (parchemin original aux archives départementales de la Sarthe – pièce 11 J 31) ;
  • – 08 juin 1641 : aveu de Jeanne de Harlay, veuve de Hardouin de Clermont, seigneur de St Georges, à Anne de Montafié, comtesse de Soisson et dame de Lucé, veuve de Charles de Bourbon (parchemin original aux archives départementales de la Sarthe – pièce 1 E 855)

Ces documents inestimables nous en apprennent beaucoup sur les coutumes féodales en vigueur à Saint-Georges-de-la-Couée au XVIe et XVIIe siècles.

 QU’EST-CE QU’UN AVEU ?

 En droit féodal, l’« aveu » est l’acte par lequel un vassal déclare tenir d’un suzerain son « fief », c’est-à-dire sa terre. L’aveu, qui comporte une description détaillée du bien, concrétise ainsi le rapport d’allégeance entre le vassal et le suzerain et un engagement réciproque : le suzerain accorde terre et protection, en échange de quoi le vassal doit fidélité et services (comme par exemple, des tours de garde au château du suzerain). Il apporte l’appui de sa force et de ses armes dans les conflits que le suzerain engage, il peut user de son influence pour déterminer l’issue des procès auxquels le suzerain est impliqué, il contribue financièrement à ses diverses entreprises (croisade, paiement de rançon, etc…).

En outre, le vassal participe à toutes les discussions préalables à une décision grave (sentence, destination d’un bien,…) qu’envisage son suzerain et doit répondre aux convocations de ce dernier en venant siéger à sa cour lorsqu’il en est requis. Si ce contrat est respecté, le vassal gouverne librement son fief.

 (Source : Histoire générale des civilisations, Le Moyen Age, sous la direction de Michel CROUZET, PUF, 1955).