Les corvées au Moyen-Age dans le fief de St-Georges

Les corvées en vigueur à St-Georges-de-la-Couée au moyen-âge :

Voici comment sont présentées les corvées dues par les sujets du seigneur de St-Georges dans l’aveu de Thomas de Clermont en 1581 :

Item S’en suivent les corvées qui me sont dues chacun an à ma dite terre et seigneurie de St-Georges, à plesser en mes plesses, garannes, bois du Grez et de la Brosse, dont ci-devant mention est faite, lesquelles se montent à vingt-neuf corvées, pour chacune corvée un jour, et treize corvées chacun an à faner le foin de mon pré clos confronté ci-devant, et seize bienneurs à bienner chacun an le bian de mon moulin le mercredi des fériés[1] de la Pentecôte, et seize autres corvées à vendanger aussi chacun an en mes vignes du Peray, si elles étaient en état, et quatre porteurs chacun jour à porter la vendange en mon hôtel du Peray, auxquels plesseurs, faneurs, bienneurs, et vendangeurs suis tenu bailler à chacun deux pains chacun jour, un pain du prix d’un denier tournois la pièce et, aux porteurs de vendanges, chacun un pain de deux deniers la pièce, dont les noms de ceux qui les me doivent s’en suivent.

[1] Semaine qui suit la Pentecôte, appelée octave de la Pentecôte, et qui était fériée jusqu’en 1801.

….et dans l’aveu de Jeanne de Harlay en 1641 :

Plus mes subiets et détenteurs ci-dessus me doivent pour raison des dites choses, à cause de ma dite seigneurie de St-Georges, et me sont tenus faire chacun an vingt-neuf corvées à plesser en mes plesses, garennes, bois du Grais et de la Brosse, et pour chacune corvée, un jour entier, seize corvées aussi par chacun an à faire le foin de mon pré Clos, et seize bianniers à bianner chacun an le bian de mon moulin le mardi des fériés de la Pentecôte, et seize autres corvées à vendanger aussi chacun an en mes vignes du Perray, si elles étaient en état ,et quatre porteurs chacun jour à porter la vendange en mon hôtel du Perray, auxquels plesseurs, faneurs, bianneurs et vendangeurs suit tenu bailler à chacun d’eux, pour chacun jour, un pain du prix d’un denier tournois la pièce et, aux porteurs de vendange, chacun deux deniers la pièce.

Les sujets qui doivent réaliser les corvées s’appellent des corvoyeurs. Dans les aveux, ils sont nominativement désignés. Les bourgeois et riches propriétaires ne réalisaient pas eux-mêmes ces corvées et c’était leurs employés qui exécutaient ces tâches.

Le seigneur était obligé de fournir du pain aux corvoyeurs les jours de corvée. Les corvées pouvaient être déclinées en demi-journée.

Le plessage

Corvée qui consiste à tresser les haies de telle manière qu’elles deviennent impénétrables. Cette corvée devait être exécuter dans les plesses (jardins, prés et champs protégés par des haies), les garannes ou garennes (les élevages de lapins) et dans les bois du seigneur. Vingt-neuf sujets du fief devaient réaliser un jour par an de corvée de plessage.

Le plesseur est le corvoyeur. Le plessier désigne un jour de corvée de plesse.

 

Jardin médiéval entouré de plesses
Jardin médiéval entouré de plesses

Le fanage

Corvée qui consiste à remuer l’herbe pour l’aérer et accélérer son séchage. Treize sujets en 1581 et seize en 1641 étaient désignés pour la corvée de fanage dans le pré clos du seigneur de St-Georges situé près du moulin banal.

Le faneur est le corvoyeur chargé de faner le pré.

Corvoyeurs au fanage
Corvoyeurs au fanage

Le biennage ou biannage

Corvée qui consiste à curer et débroussailler le bian du moulin seigneurial (canal d’amenée des eaux). Cette corvée était exécutée dans le fief de St-Georges par seize corvoyeurs le mercredi suivant la Pentecôte en 1581, et le mardi suivant la Pentecôte en 1641.

Le bienneur ou bianneur est le corvoyeur. Le biennier ou biannier désigne le jour de corvée de bian.

Bienneur
Bienneur

Les vendanges

Corvée qui consiste à cueillir le raisin et à transporter la récolte. La corvée d’anse, c’est à dire le transport des paniers et hottes, était réservée aux hommes. Cette corvée impliquait également le transport de la récolte à l’hôtel du seigneur, chaque jour des vendanges, par quatre corvoyeurs. Les vignes du seigneur de St-Georges et son hôtel étaient situés au Perray, non localisé sur la commune. Ces vignes n’étaient pas exploitables en 1581 et en 1641, comme stipulé dans les aveux. Seize corvoyeurs étaient réquisitionnés pour les vendanges.

Corvoyeurs aux vendanges
Corvoyeurs aux vendanges